Lapin Thur, un artiste qu’on aime voir hors de son Terrier

Visu-accueil-Lapinthur

Zoom sur Lapin Thur, un artiste pluri-disciplinaire dont vous avez probablement déjà vu le travail si vous fréquentez quelques endroits branchés de la capitale. Lui aussi issu du , il a développé son propre style « entrelacé , bestial et singulier ». Il avait littéralement scotché le public de la 3e édition de Vinochromie avec sa prestation Live ; aujourd’hui vous avez l’occasion d’en savoir plus sur un acteur devenu incontournable dans le paysage artistique parisien et national.

 

Vinochromie : Quel est ton parcours? / Quelle est ta formation artistique?

Lapin Thur : J’ai toujours dessiné, j’ai fait les Beaux-arts de Quimper. Après un Diplôme National d’Arts Plastiques (DNAP),  je suis remonté sur Paris pour approfondir mes connaissances en  graphisme. J’ai donc intégré une formation aux Gobelins et je me suis ensuite lancé en tant que graphiste freelance.
Après deux ans d’expérience en tout genre, une amie m’a présenté et , deux des 3 fondateurs du fameux collectif créatif Parisien  9e Concept. Puis au fil des vernissages, je me suis lié d’amitié avec (photographe et vidéaste, membre du 9e Concept) et (peintre, street-artiste, également membre du 9e Concept), puis le reste de la tribu…
Ils m’ont engagé sur les tournées Desperados pour faire des prestations live dans toute la France.
A l’époque on se partageait les tournées avec et Alexandre d’Alessio, on faisait des Tattoos éphémères sur les gens dans les bars.
C’était une période très formatrice, cela te fait travailler ta ligne, ton imagination… Tu dois toujours te renouveler à chaque tattoo et les enchainer. Les gens ont le nez collé sur ce que tu fais, c’est assez déstabilisant au départ. Ils bougent, les enceintes à fond, plein de paramètres à gérer qui te sortent de tes petites habitudes d’atelier à bosser dans le calme sur ton bureau…..
Au fil du temps je commençais à envoyer des créa à Ned (le 3e fondateur du collectif 9e Concept) ainsi qu’au reste de « l’équipe dirigeante »… Les gars ont vraiment eu pour moi le rôle de formateur, de mécène, j’ai pris le 9eme comme une école où tu retrouves des gens qui ont de l’expérience, ils sont à ton écoute, te conseillent.
Grâce à eux, j’ai pu observer différents milieux dans lesquels il est possible d’évoluer artistiquement :  événementiel, exposition, prestation, installation… on apprend, on se structure…
Cela fait bientôt 6 ans que je bosse avec eux, j’ai pu ainsi faire plusieurs expos individuelles et collectives, participer à des résidences auxquelles je n’aurais jamais imaginé prendre part il y a quelques années, collaborer avec des artistes que j’ai toujours admirés et suivis…. Désormais, depuis 1 an, nous avons eu l’occasion avec Théo Lopez et de fonder un atelier (Le Terrier). Cela fait du bien de retrouver un esprit d’atelier, de ne plus être seul à travailler dans son salon, cela donne une énergie, une motivation, une émulation collective dans la création, du coup on entremêle nos contacts, nos réseaux, et ça accélère les choses d’une manière fulgurante.
On a réussi cette année à monter un festival à Moscou en quelques mois, (grâce à Alla Goldshteyn et son équipe) pour aller peindre au musée de Moscou accompagnés de , Yuri , Théo, Olivia et Seth….. et nous continuons à monter des projets, à faire de nouvelles collaborations, c’est vraiment un bonheur de pouvoir réaliser tout ça !

V : Y a-t- il quelqu’un ou quelque chose qui est à l’origine de ton intérêt pour l’art?
L P : Je ne pense pas ça a toujours fait partie de moi, le dessin en tout cas, il était toujours présent, sur mes feuilles de cours, mes cahiers…. j’ai vraiment eu le déclic en entrant aux Beaux Arts à quimper, trois années de « vacances » artistiques, pouvoir utiliser tous les ateliers à disposition (bois, metal, sérigraphie, gravure, couture, photo…). Le fait de mélanger les techniques, de passer d’un médium à un autre, de changer, de ne jamais faire la même chose tout en exprimant ta pensée… c’est une liberté qui ne doit pas être accessible dans tous les domaines d’éducation supérieure.

V : Peux-tu me citer 3 œuvres (ou plus) qui t’ont marqué, ou vraiment influencé et pourquoi?
L P : Je parlerais plus de courant, de discipline que d’œuvre en elle-même,  sans parler de Street-Art, mais de graffiti pur et dur, de ce mouvement qui a bousculé les règles de la peinture pour en revenir quelque chose d’instinctif, et de le faire là où on ne l’attend pas, de provoquer, véhiculer des messages, donner la possibilité à tous de s’exprimer où tu veux quand tu veux… En découle la calligraphie, je m’y essaie depuis quelques années en autodidacte, en observant en me nourrissant de tout type de calligraphie ; j’ai un gros faible pour tout les «  » toutes ces vieilles enseignes, parfois remises au goût du jour par des calligraphes d’exception, la pureté du geste, de la ligne, du « one shot », je trouve cette maitrise du mouvement impressionnante… Puis l’abstraction, le fait de suggérer de faire ressentir, par un geste, un mouvement, une énergie dans l’application de matière sur un médium… L’interprétation de chacun, le regard du spectateur qui va faire vivre la pièce d’un autre manière et le fait de pouvoir se réapproprier l’œuvre d’une certaine façon…

bandeau-artcile-Lapinthur

V : Comment définirais-tu ton style ?
L P : Mon style… entrelacé, bestial, singulier.

bandeau-artcile-Lapin-workok

V : Est-ce que tu veux faire passer un message à travers tes créations, si oui lequel?
L P : Oui évidement, les séries d’animaux que je représente, sont soit en voie d’extinction ou menacés par l’homme, c’est un message de respect envers les êtres qui nous entourent et un rappel à l’existence, notre manière d’évoluer sur cette planète, j’apprends beaucoup en observant et j’ai l’impression que l’homme a un peu oublié d’observer ce qui se passe autour de lui, de regarder les êtres vivant dans la nature, qui survivent grâce à des gestes ancestraux, revenir à l’essentiel pour continuer dans la bonne direction, véhiculer leur force à travers ses entrelacements de bande de motifs, l’énergie qu’ils véhiculent ….

V : Quels seraient les 3 premiers conseils que tu donnerais à un artiste débutant qui voudrait suivre tes traces?

L P : Faire, ne jamais avoir peur de faire, oser, dessiner tout les jours (si on parle de dessin) travailler, ce n’est pas juste un loisir, c’est une passion, c’est un acharnement permanent, savoir se remettre en question, écouter la critique, voir plus loin, recommencer….. bosser quoi !

V : Es-tu un amateur de vin? Si oui, as-tu un type de vin voire une appellation préférée et pourquoi?
L P : Ouiiiiii évidement, Bérenas m’avait bien marqué à la Vinochromie #3, sinon je n’ai pas d’appellation préférée. J’ai un penchant pour le vin rouge, les Graves, quelque chose de bien marqué ….

V : Qu’est ce qui t’a plu dans le concept Vinochromie?
L P : Déjà lorsque vous m’avez proposé de peindre un tonneau de vin, j’ai adoré le concept et j’ai passé une super soirée, les gens étaient vraiment exceptionnels, l’accueil de votre équipe, génial, le fait de combiner dégustation et art, cela regroupe deux domaines de goûts….

V : Quelle est ton actu? Quels sont tes futurs projets ?
L P : A la rentrée devrait arriver le book et la vidéo de la résidence de Bayonne organisé par le 9eme concept, une exposition collective à partir du 22 janvier avec de nombreux artistes dans la galerie « Paris Urbain », une résidence mystérieuse dans le sud de la France, tout cela vous sera communiqué en temps voulu ;), le festival Chromatic qui arrivera au printemps…. J’espère pouvoir faire aboutir un projet d expo individuelle au courant de l’année, 2015 risque d’être une année hyper productive, mais je préfère faire, avant de parler ;)

Découvrir le travail de Lapin Thur